1 Mar, 2022
Catégorie.s : Découvertes

Alexandre Plassat, nouveau talent jurassien

Alexandre Plassat est le nouveau venu du vignoble jurassien. Alors qu’il travaille encore chez Jean-François Ganevat, il commercialise ses premières cuvées en ce début d’année. Des vins plein d’idées et de promesses que nous vous présentons ici.

Le hasard, a-t-on coutume de dire, fait bien les choses. C’est en tout cas le hasard qui nous fit découvrir les vins d’Alexandre Plassat. Ce matin-là, nous sommes de retour chez Jean-François Ganevat pour tenter de récupérer les deux voitures plantées la veille dans un chemin de vignes particulièrement retors. Si nos véhicules sont finalement extirpés des marnes jurassiennes, le programme initial de notre journée de visite est chamboulé. « Je fais un peu de vin », nous lance alors un employé du domaine présent sur place. « Vous pouvez venir goûter, si vous voulez ». Nous nous rendrons chez lui dans la journée.

Portrait Alexandre Plassat
Alexandre Plassat dans sa cave de St-Germain-lès-Arlay

New school jurasienne

Alexandre Plassat est le dernier de ces jeunes vignerons et vigneronnes passés chez Jean-François Ganevat, figure centrale du sud jurassien, avant de s’installer à son compte dans le région ou ses environs. Après Nicolas Jacob ou plus récemment Katie Worobeck (Maison Maenad) et Damien Bastian (Ça Boit Libre, en Haute-Savoie), Alexandre fait partie de cette génération qui a beaucoup appris à Rotalier et se fixe pour objectif de vinifier des vins vivants, sans le moindre apport de soufre. Un petit groupe talentueux, dont les vins font actuellement tous partie de notre sélection.

Avant le Jura, Alexandre s’occupait des vinifications dans le domaine valaisan Histoire d’Enfer. Arrivé chez Jean-François Ganevat, il continue de se former à la vigne et au chai, et s’installe parallèlement à son compte depuis le millésime 2019. Des expériences qui ont forgé ses convictions, car Alexandre regorge d’idées fortes pour un jeune vigneron. Dans sa cave située à St-Germain-lès-Arlay, il nous fait goûter un 2019 (son premier millésime !) qui a entamé sa troisième année d’élevage. « À partir de la troisième année en fût, les blancs vont avoir tendance à se tendre à nouveau », précise-t-il. À la dégustation, l’énergie et le potentiel sont évidents.

Des premiers vins enthousiasmants

Alexandre Plassat exploite un peu plus d’un hectare de vignes dans le centre jurassien, avec des parcelles à Montain et Quintiny (village de l’appellation l’Étoile). Les vieilles vignes de chardonnay sur marnes du Trias de la parcelle du Bois moisi (dont le 2019 est toujours en élevage) semblent particulièrement intéressantes. À la cave, les principes de base sont simples : pressurage vertical très long, élevage en vieux fûts et aucun sulfitage.

Schéma vignoble
Coupe géologique AB de la butte de Montain, avec le terroir de Bois moisi – Terroirs viticoles du Jura, Michel Campy, éditions Mête Jura 2017.

Macérations diverses, passage de certains vins sur marcs pour finir les sucres, utilisation originale du négoce… Alexandre a le goût de la débrouille et de l’expérimentation. Ses différentes cuvées ne risquent pas de se ressembler au fil des millésimes. Voici une courte description des premières :

La Massette 2020 : issue d’une parcelle généreuse à Montain, avec 80% de chardonnay et 20% de savagnin. C’est un blanc assez confortable, crémeux et gourmand mais sans lourdeur, élevé 14 mois en vieilles barriques. La finale est saline.

Les Betoules 2019 : Le nom de cette cuvée est un hommage à la ferme des grands-parents. Des jacquères de Chignin du micro-négoce NezdeGoth, en « trempette » (macérés) dans du chardonnay pressé directement, ont donné naissance à cette cuvée. Élevé 23 mois en vieux fûts, c’est un vin original, doté de tension et d’énergie, construit sur une amertume agréable.

À noter : Alexandre a produit également un premier rouge (Au Couvent, trousseau et chardonnay) et devrait récupérer prochainement une petite parcelle de gamay. À suivre !

Robin

1 Commentaire

  1. Claude PLASSAT

    Et oui ! Notre fils est un alchimiste. Il a apparemment tu son titre d’ingénieur agronome et bien entendu son savoir faire s’appui aussi sur ses connaissances en matière de transformation et d’évolution des composants chimiques au cours de l’élevage du vin… Merci pour ce bel article.

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